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Fleury-sur-Orne : Fouilles archéologiques
Plan de la ZAC de Fleury-sur-Orne

La partie sud de Fleury-sur-Orne, située en bordure du périphérique, était en 2000 occupée par des terres agricoles. En 2001 débutèrent les travaux de génie civil qui permettront à ces terrains d'accueillir une zone commerciale consacrée à l'équipement de la maison.

Comme prévu par la réglementation, des fouilles furent effectuées. Celles-ci nous éclairent sur le passé lointain de notre commune, jusqu'à la période romaine. Nous avons ci-dessous un compte-rendu de ces recherches archéologiques.

Basse-Normandie.
Calvados (14)
Fleury-sur-Orne : ZAC du Parc d’Activité

Cause du chantier – Création d’une ZAC de 100 ha.
Nom de l’aménageur – Société d’économie mixte (Sem) du Grand Caen.
Début de l'opération – 17/07/2000.
Fin prévue – 01/2001.
Responsable – Laurent Paez-Rezende.
Suivi scientifique – F. Fichet de Clairfontaine, C. Billard/SRA Basse-Normandie.

Description technique – L’intervention s’est déroulée en 3 phases simultanées de juillet à septembre sur les 50 ha de la première tranche d’aménagement : décapage d’une surface d’environ 2 ha autour des maçonneries gallo-romaines et des enclos connexes ; étude de la trame parcellaire protohistorique et gallo-romaine sous forme de tranchées, fenêtres de décapage restreintes ; diagnostic d’une parcelle de 5,5 ha contiguë au décapage après la récolte de céréales.

Résultats – L’étude du site étant en cours, cela signifie que d’ici à la parution du DFS, les détails de l’organisation et de la chronologie au sein de chacune des occupations risquent d’être légèrement modifiés. Deux organisations diachroniques ont été abordées au sein des emprises décapées. La plus ancienne correspond à plusieurs enclos d’habitat compartimentés du type des fermes indigènes de la fin de l’âge du Fer ; la seconde, à un établissement antique difficile à caractériser. L’habitat laténien se définit par plusieurs enclos quadrangulaires emboîtés qui se développent sur un axe directeur nord-sud. À l’intérieur, les plans de bâtiments sur poteaux font défaut, en revanche les structures de combustion prédominent. Leur construction est classique des fours à usage alimentaire à chambre de cuisson circulaire et voûtée. Un cas fait exception : il comporte une fosse-atelier rectangulaire, avec poteaux dans les angles, desservant 2 chambres de cuisson, l’une oblongue et l’autre circulaire avec voûte et entrée maçonnée. Il s’agit d’un probable four à pesons dont seule la chambre oblongue possède une taille adaptée à leur cuisson ; d’ailleurs les quelques ébauches et exemplaires mal cuits reposaient sur les niveaux d’activité qui lui correspondent. D’après le mobilier céramique provenant des niveaux d’activité les plus profonds, ce four aurait fonctionné vers la fin de La Tène moyenne et il s’agirait donc de la structure la plus ancienne attestée au sein des enclos protohistoriques. Pour les autres structures, le mobilier céramique bien documenté s’intègre parfaitement dans les ensembles typiques de la Plaine de Caen pour La Tène finale jusqu’au contact du gallo-romain précoce. D’après leur répartition, nous pouvons distinguer au moins deux phases d’aménagements, confirmées par l’analyse stratigraphique. À cette implantation laténienne succède, plus à l’est, un noyau d’occupation gallo-romain, dont l’orientation générale diverge sensiblement. La première phase (fin du Ier s. av. J.-C.) voit la mise en place d’au moins deux enclos quadrangulaires accolés desservis au sud par un chemin ; les premières maçonneries sont peut-être érigées à cette période. Elles sont assurément en place dans la première moitié du Ier s. ap. J.-C. et sont constituées d’un mur de façade parallèle à la limite nord de l’enclos qui prend appui sur une cellule centrale (B). La construction des cellules aux extrémités du mur de façade intervient vraisemblablement ultérieurement, comme l’indiquerait l’absence de chaînage. Elles sont de dimensions plus restreintes que celle du centre. La plus remarquable, la cellule E, dispose d’un praefurnium et contient des témoins d’hypocauste (béton d’assise, pilette, tubuli insérés dans les maçonneries, fragments de mortier hydraulique et restes d’un sol en opus insertum). Les autres ne possèdent aucun aménagement interne. Jusque vers la fin du IIe s., des réorganisations ponctuelles sont apportées sur les enclos et le bâti en dur ; une vaste structure sur poteaux est créée un peu à l’ouest des maçonneries. À la fin du IIe-début du IIIe s. le démantèlement du bâti est en cours : au moins un bâtiment sur poteaux se superpose au mur de façadeÊ; le praefurnium est converti en four à chaux et des fragments de colonnes en calcaire, fortement brûlés, sont rejetés dans des fosses à la périphérie du site, en association avec du mobilier céramique datant. Après le milieu du IIIe s., plus aucune trace de fréquentation n’est attestée. L’occupation laténienne présente les traits caractéristiques des multiples fermes indigènes de la Plaine de Caen : enceinte délimitée par un large fossé, nombreux fours domestiques et remaniements. Sa position chronologique propose une solution de continuité avec les aménagements gallo-romains. Toutefois, l’établissement qui prend le relais à l’extrême fin du Ier s. av J.-C. ne montre pas les caractères habituels des sites agraires. Pour le moment, la fonction des aménagements gallo-romains n’est donc pas établie. Nous ne disposons pas de témoins mobiliers ou immobiliers très signifiants. Les quelques éléments architecturaux disponibles (fragments de colonnes et pierres de taille en situation de rejet dans des dépotoirs proches) illustrent le soin apporté à l’édifice mais ne suffisent pas à préciser sa nature ; quant au petit mobilier (fibules en bronze, base de pi_destal d’une statuette), il est rare et commun à la plupart des habitats gallo-romains. Cependant, le plan de ces constructions ne trouve pas de comparaison satisfaisante dans les publications sur les villae et autres types d’habitat à vocation agricole. Alors peut-être faut-il s’orienter vers les domaines religieux, marchands ou militaires ? Quoiqu’il en soit, en région, la documentation fait défaut. Nous sommes par conséquent intéressés par toutes les informations que vous pourriez nous faire parvenir. Merci d’avance.

Informations recueillies sur http://www-afan.montaigne.u-bordeaux.fr/...

 

© fleurysien.com 2002-2008   -   Dernière mise à jour le 16 mai 2008

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